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Visio-conférence de François Gemenne avec le RCI le 30 novembre, un temps fort de partage...
"L'universalisme français a perdu sa dimension universelle et cosmopolite". Ci-après une interviw de cet expert "immigration", ce même jour (dans Le Monde/Afrique) et du même ton :

Avec patience et humour, François Gemenne déconstruit les préjugés sur la question migratoire dans son dernier ouvrage, On a tous un ami noir (éd. Fayard). Chiffres à l’appui, le chercheur sur le climat et les migrations à l’université de Liège montre que non, ce n’est pas « toute la misère du monde » qui vient en Europe, mais plutôt des personnes issues des classes moyennes, davantage diplômées et qui aspirent plus à l’entreprenariat que les Français. Et non, les migrants ne coûtent pas cher au système social français, pas plus qu’il n’y a de « déferlante migratoire ».


Le politologue belge montre, par ailleurs, comment les politiques actuelles de l’accueil révèlent à quel point la France ne parvient pas à se penser pleinement comme une société multiculturelle et peine à intégrer à son identité les personnes non blanches.

Le titre de votre ouvrage, On a tous un ami noir, renvoie à cette phrase utilisée pour se dédouaner de tout racisme et laisse entendre que l’on peut être raciste sans s’en rendre compte…


François Gemenne Absolument. Il est très important, pour lutter contre les discriminations, de pouvoir reconnaître la part de racisme qu’il y a en chacun de nous dans la manière dont nous regardons ceux qui sont différents de nous. Moi, qui suis blanc, je dois savoir que je jouis à ce titre d’un certain nombre de privilèges. Je ne me suis pas soucié, par exemple, de faire renouveler ma carte d’identité périmée parce que je sais que je ne me fais pas contrôler par la police. Il est certain que si j’avais eu une autre couleur de peau, j’aurais fait très attention à avoir des papiers en règle.


Vous parlez de « privilège blanc ». Selon vous, ses défenseurs et ses contempteurs ne parlent pas de la même chose.
Oui. Ceux qui nient l’existence d’un privilège blanc, ou les tenants de la gauche universaliste, parlent d’un idéal d’égalité, où la loi ne ferait aucune différence entre les citoyens. Ceux qui reconnaissent l’existence d’un privilège blanc, ou les tenants de la gauche intersectionnelle, parlent eux d’une réalité qui empêche justement cet idéal de se réaliser. Les universalistes disent qu’il n’y a qu’un seul type de citoyen français, pas de Blancs, de Noirs ou d’Arabes. Mais n’importe qui a déjà parlé à un agent immobilier, à un recruteur ou à un videur de boîte de nuit sait parfaitement que, dans la réalité, il en va autrement. En fait, reconnaître cette différence de traitement est nécessaire à la réalisation de l’idéal universaliste.


Vous expliquez que la frontière enferme les étrangers dans une altérité radicale comme si on ne parvenait pas à voir en l’autre quelqu’un qui nous ressemble. Est-ce là un échec de cet universalisme français ?


D’une certaine manière, oui. Car cet universalisme français ne se conçoit qu’à l’intérieur des frontières nationales et considère qu’il n’y a qu’un seul type de citoyen français, qu’il a tendance à opposer aux autres. Paradoxalement, l’universalisme français a perdu sa dimension universelle et cosmopolite. Il ne considère plus tous les humains comme étant égaux. Seuls sont égaux ceux qui sont du bon côté de la fa frontière, uniquement du fait de cette situation.


Est-ce ce qui explique que la confusion entre immigré et étranger soit entretenue en particulier pour les immigrés postcoloniaux ?


Oui, la France a du mal à penser son identité comme celle d’un pays multiculturel, et non plus en fonction d’un modèle de citoyen blanc. Elle doit renouveler ses représentations publiques et son imaginaire collectif pour intégrer ces immigrés à son identité. Les expressions d’« immigrés de deuxième » ou de « troisième génération » sont un non-sens. Etre immigré est un statut individuel et non une identité. On ne le transmet pas à ses enfants. Je suis Belge mais, parce que je suis blanc, on ne me considère jamais comme un étranger en France. Or nombre d’enfants d’immigrés ou de citoyens français en provenance des DOM-TOM sont souvent considérés comme des étrangers en raison de leur couleur de peau ou de leur religion.


Cela tient, dites-vous, au modèle de l’Etat-nation qui ne serait plus adapté…
L’Etat-nation est né au XVIIe siècle avec le traité de Westphalie, qui repose sur l’idée selon laquelle aux frontières géographiques du territoire correspondent les frontières démographiques de la population et à ces dernières les frontières politiques de la souveraineté.


Or les migrations font voler cela en éclats, car on a à la fois plusieurs populations mélangées sur un même territoire et une même population dispersée sur plusieurs territoires. Chaque année, plusieurs dizaines de milliers de Français s’expatrient. Très attachée à cette idée d’Etat-nation, la France a longtemps défendu un modèle assimilationniste pour l’intégration. D’où la difficulté à se reconnaître désormais comme une nation multiculturelle, qui n’est plus seulement catholique et blanche.
Lire aussi Racisme : « La couleur demeure un marqueur de privilèges »


Que penser de l’évolution du vocabulaire utilisé pour parler des migrations ? On a d’abord parlé d’émigrés, puis d’immigrés et enfin aujourd’hui de migrants…


Les termes liés à la migration sont de plus en plus péjoratifs. Jadis, les migrants étaient vus comme des pionniers, des aventuriers. Aujourd’hui, ils sont plutôt perçus comme une menace. Parler de migrants suppose qu’ils sont toujours en déplacement, comme s’ils ne faisaient que passer et n’avaient pas vocation à s’installer. Du coup, on considère qu’il n’est pas nécessaire de développer des politiques d’accueil adaptées.


Or les politiques d’immigration et d’asile actuelles pour ceux qui viennent de l’autre côté de la Méditerrannée – et donc les institutions qui les gèrent – sont déshumanisantes et fondamentalement racistes en ce qu’elles considèrent ces étrangers comme étant inférieurs. Elles ont intégré l’idée de hiérarchisation raciale. Mais, dans une démocratie, nous sommes tous comptables des actions et des politiques décidées par nos gouvernements, même si nous n’avons pas voté pour eux. Nous devons reconnaître qu’il y a un racisme structurel et institutionnel.


Racisme structurel qui s’exprime aussi au sein de la police française ?


Les actes de racisme ou de violence policière sont traités comme des cas isolés. Mais en analysant les statistiques, on voit bien qu’il y a un nombre important de cas individuels, à tel point qu’on arrive à quelque chose de structurel qui s’installe au sein de la police. Cela ne veut pas dire que tous les policiers sont racistes, mais que la manière dont l’institution traite la question témoigne du racisme institutionnel. Parce que la police est dépositaire de l’autorité publique et parce que vous ne choisissez pas les agents auxquels vous avez à faire, il y a une exigence d’irréprochabilité totale.


Faut-il des statistiques ethniques pour mesurer ce racisme ?
On ne peut lutter efficacement contre des discriminations que si on a un moyen de les objectiver pour les mesurer. Il y a aujourd’hui en France tout un tas de raisons, notamment liées à l’universalisme évoqué précédemment, qui empêchent de réaliser ces statistiques ethniques. Il y a aussi la crainte de l’instrumentalisation de ces statistiques ethniques par l’extrême droite, mais j’ai tendance à penser que c’est une terrible défaite de s’interdire d’avoir des instruments adaptés qui permettraient de mieux connaître les discriminations par crainte de l’usage que pourrait en faire l’extrême droite.

Bousculé dans ses activités habituelles par la pandémie et le reconfinement, le Réseau Chrétien - Immigrés garde à coeur de maintenir un lien concret avec les personnes migrantes, aux côtés desquelles il est engagé, qui pâtissent très durement de la situation.
Dans cet esprit, le RCI met en oeuvre diverses formules permettant de poursuivre au mieux les actions menées, notamment par rapport à la permanence juridique, aux cours de français et aux Lundis "Grand Témoin" (les dîners du "goût de l'autre" sont pour le moment suspendus - des modalités adaptées sont en cours d'élaboration).

Pour ce qui est de la permanence juridique, laisser un message au 01 42 45 65 07 On vous recontacte très vite, pour répondre à vos questions, suivre votre dossier et si nécessaire vous rencontrer sur RV à notre permanence 25 rue Fessart, Paris 9e.

Pour ce qui est des cours de français, une relocalisation se met en place dans l'ex-Mairie du 1er arrondissement, transformée en "halte humanitaire" (sous l'égide de l'Armée du Salut), 2 rue Parrault, M° Louvre-Rivoli - ceci, compte tenu de la fermeture définitive de la Mairie du 4e (port d'attache historique du RCI), restructurée dans le cadre du regroupement des 4 premiers arrondissement de "Paris Centre". Les cours sont prévus les mercredis, jeudis, vendredis, à 18h (tél 06 81 33 06 99 ou 07 82 37 86 18).

Pour des raisons de justice et de reconnaissance, les sans-papiers devraient bénéficier d'un droit au séjour
Le RCI a co-signé une lettre ouverte au Président de la République pour la régularisation des sans-papiers, et soutient les nombreuses actions en ce sens (Cimade, Marche des Solidarités...)
 

Une délégation du Réseau Chrétien - Immigrés a rencontré Mgr Benoist de Sinety, vicaire général de Paris (auteur d'"Il faut que des voix s'élèvent"), pour préparer avec le diocèse l'année en cours.

Au vu des informations permanentes -relayées notamment par le Vicariat à la Solidait- le périmètre des actions a tendance a tendance ces derniers temps à s'élargir (aides d'urgence, hébergement...) Sur ces questions, v. en particulier Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. du RCI, d'Emmaüs Solidarité et du groupe diocésain de préfiguration de la Maison BakhitaL'Assemblée

L'Assemblée Générale du RCI est intervenue en distanciel le samedi 19 septembre 2020. Une bonne occasion de faire un point d'ensemble de la situation si particulière qu'on connaît et de la meilleure façon de l'affronter pour 2021. Cf. compte-rendu :
 


 

Préconisations proposées par le RCI
(dans le cadre du grand débat national)

pour une tout autre politique migratoire :
 

1-Répartition européenne

Instaurer une coordination européenne pour organiser l’accueil des migrants en une répartition équitable qui prenne en compte la population de chaque Etat. Une telle démarche exclut toute forme de limitation par quotas.

2- Entrées légales

Développer les entrées légales de séjour, avec notamment des visas de longue durée. A l’initiative de la France, et observant que la mobilité des humains est un fait inéluctable, un telle ouverture devrait faire l’objet d’une approche commune au niveau européen - se traduisant par un élargissement des conditions d’obtention des visas.

3- Droits sociaux élémentaires

Confier à l’instance territoriale compétente (région, département, commune) le soin de faciliter pour les migrants un accès sans délai aux droits sociaux essentiels (alimentation, hébergement, santé, travail, éducation …)

4- Travailler légalement

Permettre à toute personne présente sur le sol français de pouvoir travailler en toute légalité. Pour ce faire, les employeurs délivreraient une sorte de « certificat de présence » permettant d’embaucher le migrant dans les conditions conformes au droit du travail.

5- Contrat de travail et titre de séjour

Retenir l'existence d’un contrat de travail comme l'un des critères majeurs pour la délivrance d’un titre de séjour, indépendamment des titres accordés de plein droit.

 

   ->       A rapprocher des propositions que fait la Cimade :

1.     Tendre vers la liberté de circulation et d'installation

2.     Régulariser largement les personnes étrangères présentes en France

3.     Délivrer un titre unique et stable

4.    Simplifier les procédures d'accès aux droits (face à la complexité actuelle des catégories et crières)

5.    Construire l'égalité des droits pour tous (accès au travail, protection sociale...)