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11 janvier 2021, une rencontre tonifiante, au regard des "personnes" migrantes en perdition


enregistrement de la rencontre : https://www.youtube.com/watch?v=wEFRri8rCZ8

Le Président François THOMAS évoque d'abord la création de SOS Méditerranée et ses missions.

SOS Méditerranée est une association civile européenne qui a été mise en place après que l'opération humanitaire Mare Nostrum ait été arrêtée et que les dispositifs Triton et Sophia qui lui ont succédé avaient pour objet la protection des frontières. Elle se donne pour mission de remplacer les Etats défaillants. D'après le droit maritime, les Etats côtiers ont pourtant la responsabilité du sauvetage en mer et l’obligation de secourir les personnes en détresse dans les zones qui leur sont affectées.

C'est en 2015 que Klaus Vogel et Sophie Beau fondent SOS Méditerranée, et se lancent dans l'acquisition d'un navire allemand (utilisé auparavant par les garde-côtes), l'Aquarius. Cette démarche a pu se faire grâce à un appel aux dons, auquel ont répondu de nombreux particuliers, des collectivités locales, ainsi que des mécènes.

A côté de quelques autres rares initiatives européennes du même ordre, l'Aquarius a pour tâche d'empêcher que meurent noyés quantité d’humains qui traversent la Méditerranée sur des canots de fortune, pour fuir la misère, le « no future », des menaces de mort ou des traitements inhumains. On sait que des dizaines de milliers de personnes ont ainsi perdu la vie depuis le début des grandes migrations sur cette voie. 31 799  ont été sauvées en 5 ans, grâce à SOS Méditerranée...

Si la durée d'activité de l'Aquarius n'a été que de deux ans, c'est que le "bateau citoyen" s'est trouvé en butte aux pires tracasseries administratives et à l'hostilité de responsables politiques, pour qui les migrants sont indésirables - au premier chef alors le gouvernement Salvini. Le bateau doit changer plusieurs fois de pavillon pour finalement mettre un terme à ses activités en décembre 2018. La relève est prise, en juillet 2019, par l'Ocean Viking, battant pavillon norvégien. Afin de pouvoir opérer, ce dernier a fait l'objet de nombreux investissements pour accueillir les personnes rescapées, et surtout se soumettre à des exigences tatillonnes (surjoués notamment par  la pandémie de la Covid-19).

Il y aurait encore beaucoup à dire… mais le président Thomas préfère laisser la parole à l’expression de témoins directs.


Marie RAJABLAT, en parlant de ses deux longues missions à bord (en 2016 et 2018), propose un éclairage complémentaire sur l'aventure hors du commun de SOS Méditerranée. Elle s'est donné comme objectif de recueillir les témoignages des rescapés et de les faire  connaître dans un livre au nom évocateur : Les naufragés de l'enfer (éd. Digobar). Quoiqu'infirmière en psychiatrie, elle n'a pas embarqué à ce titre, mais elle reconnaît que ses compétences professionnelles n'ont pas été inutiles, tant les personnes sauvées sont souvent meurtries et traumatisées.

Elle incarne, ce faisant, les missions de l'Organisme humanitaire : protéger et soigner. Non pas des groupes, mais des personnes individuelles ayant chacune une histoire (Le bateau -outre l’équipage du navire- embarque toujours une équipe médicale : Médecins sans frontières ou Médecins du Monde trouvent là à s'employer abondamment). D'autre part, témoigner ; comme l'a pu faire également un Erri de Luca, dans un article éloquent du Monde (Amère méditerranée, 13 mai 1917) ; embarquent aussi, avec le même objectif, un ou deux journalistes et un photographe.

Marie fait part de l'émotion qui fut la sienne la première fois lorsque qu'elle aperçoit au-dessus de l'eau, dans l'obscurité de la nuit, des dizaines de points brillants ... qui se sont révélés être les yeux des naufragés reflétant les lumières de l'Aquarius.

On invite les personnes une fois hissées à bord, à dire leur nom, leur âge, leur pays d'origine. Elles sont restaurées et, si elles s’avèrent malades ou blessées, elles reçoivent les premiers soins. Un dialogue s'établit, en anglais souvent, en arabe quelquefois (Marie les fait tous rire lorsqu’elle parle un peu en arabe).

Après une traversée angoissante dans l'inconnu et l'incertitude la plus totale, où le danger constant de chavirer est traumatisant, après pour bon nombre, l'horreur d'une vie d'esclave en Libye, vendu et utilisé comme du bétail, voilà que nos amis ré-intègrent un monde humain, où ils sont considérés, respectés, entourés d’attentions.

La suite, à terre, n’est plus du ressort de SOS Méditerranée. Certes, ce sont encore de très longs parcours semés d’embûches… Le relais se fait, comme chacun le sait, par d’autres citoyens mobilisés en associations qui s’efforcent de prendre en charge leur accompagnement.

Nous tous, ne sommes pas, hélas au bout de nos peines !

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Une parole très incarnée, pour refonder notre société,
avec une préface de Benoist de Sinety aux propos à forte tonalité socio-économiques du pape  (déc 2020)



Visio-conférence de François Gemenne, notre Grand Témoin,
le Lundi 30 novembre,
un temps fort d'écoute et de partage...

"L'universalisme français a perdu sa dimension universelle et cosmopolite".

Avec patience et humour, François Gemenne, chercheur-enseignant, déconstruit les préjugés sur la question migratoire. Cf. son dernier ouvrage "On a tous un ami noir" (Fayard, sept 2020) : chiffres à l’appui, le chercheur-enseignant sur les migrations montre que non, ce n’est pas « toute la misère du monde » qui vient en Europe ; il s'agit plutôt de personnes issues des classes moyennes, souvent assez diplômées et qui aspirent plus à l’entreprenariat que les Français. Et non, les migrants ne coûtent pas cher au système social français, pas plus qu’il n’y a de « déferlante migratoire ».

Compte-rendu de la rencontre

Jean-Jacques Lambert, président du RCI, se réjouit de la reprise de cette activité de l’association qui mène de front une réflexion sur les migrations, et une action sur le terrain, à travers des cours de français, une permanence juridique avec la Cimade et les dîners du Goût de l’Autre.

Céline Dumont, secrétaire générale du RCI, évoque les premiers contacts avec François Gemenne alors jeune chercheur au CERI-Sciences-Po. Spécialiste des questions de géopolitique du changement climatique et de la gouvernance internationale des migrations, il est rattaché à l’université de Liège, et enseigne notamment à Sciences-Po Paris et à la Sorbonne.

L’extrême droite mène la danse

François Gemenne se place en spécialiste engagé qui s’interroge sur les raisons qui font qu’on a adopté le cadre, le vocabulaire et les concepts de l’extrême droite. Alors que celle-ci n’a pas remporté les élections, depuis plus de trente ans, elle a réussi à imposer ses cadres de pensée. Il fait remonter cet état de fait à 1984 quand Laurent Fabius déclare que le FN pose les bonnes questions mais y apporte de mauvaises réponses. 

Nous, y compris les chercheurs, n’en sommes pas sortis, nous avons accepté que l’extrême droite s’empare de l’agenda politique et médiatique sur ces questions et impose son vocabulaire. Nous nous sommes retrouvés à jouer en défense plutôt qu’en attaque. Pour continuer la comparaison avec le football, on prend des buts mais on n’en marque pas. François Gemenne est frappé de constater, qu’il intervienne dans des universités, des associations ou des journaux, il lui est toujours demandé de se placer dans un débat binaire du type l’immigration est-elle une opportunité ou un fardeau, un bénéfice ou un coût pour les finances publiques…

Comme si la réponse à ce genre de question devait déterminer les politiques migratoires. On s’autorise sans s’offusquer un débat qu’on n’oserait pas lancer sur d’autres catégories de population (ex. : les personnes handicapées sont-elles un fardeau pour la société ?).

François Gemenne est frappé qu’on ne le sollicite que pour tordre le cou aux idées de l’extrême droite. C’est une défaite pour le chercheur s’il n’apporte pas de propositions nouvelles, comme si son rôle n’était que de dissiper rumeurs et mensonges.

L’extrême droite a imposé un grand nombre de termes (migrant est devenu péjoratif, tri, appel d’air…) qui ne sont même plus discutés et admis comme indiscutables. Le concept d’appel d’air fonde l’essentiel des politiques d’accueil, comme si accueillir mieux favorisait plus de migrations.

Comment en est-on arrivés à être à ce point perdants que tout discours empreint de réalisme et d’humanité se fracasse sur un mur d’idées reçues ?

François Gemenne identifie trois erreurs :

1. Associer migration à crise

On ne montre les migrants qu’en situation de détresse extrême que ce soit pour les naufrages, dans des camps insalubres ou récemment place de la République. Cela génère des réactions qui peuvent être aussi bien d’empathie, de pitié que d’inquiétude et d’angoisse. On ne les montre jamais dans la réalité allant chercher les enfants à l’école, faisant la cuisine, lisant un magazine féminin… alors que leur quotidien ressemble à notre vie. On mobilise ainsi l’émotion plus que la raison, ce qui a tendance à renforcer la fermeture. Quel que soit le type de crise, qu’il s’agisse de la pandémie, des attentats, de crises économiques, l’opinion est rassurée par la fermeture des frontières, sans que l’on sache si cette fermeture est efficace ou non.

Ce narratif a envahi le débat public : les gens ont tendance à croire que la fermeture des frontières peut mettre un terme à la crise. Or elle renforce la crise, conduit à plus de naufrages, plus de camps inhumains et on entre dans un cercle vicieux. Rester dans ce descriptif de crise pousse au renforcement de la fermeture..

2. Parler au pluriel

On a l’habitude d’employer des pluriels : les migrants, les demandeurs d’asile, les étrangers… comme un groupe constitué de personnes qui se connaissent, ont des revendications communes, ce qui est l’inverse de la réalité. En les désignant au pluriel, on les essentialise, on les considère comme un groupe porteur de caractéristiques communes, pratique qui les rend tous soit remarquables, soit dangereux. Même certaines ONG ont tendance à les voir porteurs de caractéristiques exceptionnelles (le couple à l’origine d’un des vaccins contre le Covid en Allemagne a été présenté comme enfants d’immigrés). En parant les étrangers de qualités hors du commun, comme s’il avaient ces qualités uniquement parce qu’ils sont étrangers, on légitime le discours de l’extrême droite pour qui ce sont des gens qui menacent nos salaires, notre culture…

Il faut relever le défi de singulariser les individus, il y a parmi eux des gens remarquables et des gens méprisables, ils sont le miroir de la société actuelle, et les accueillir comme une partie de nous-mêmes.

François Gemenne prend l’exemple des gauchers, dont il fait partie. Ils représentent 13 % de la population, les étrangers 10 %. Jamais il n’a à s’identifier comme gaucher. Pourquoi applique-t-on aux étrangers un traitement qu’on n’imaginerait pas pour les gauchers ?

3. Opposer chiffres à subjectivité

On a trop voulu opposer chiffres et statistiques à ce qui est une appréciation subjective des migrations. Les gens perçoivent l’immigration au travers de leur réalité quotidienne. Des vérités présentées comme objectives se heurtent aux ressentis subjectifs. Il faut accepter que le ressenti personnel basé sur le « sens commun » est aussi une forme de vérité et faire le deuil de la simplicité, en voulant opposer réalité et intuition.

Il faut entrer dans un processus de déconstruction en présentant des parcours de vie qui vont à rebours de la représentation admise : la fermeture des frontières ne fait que rendre la migration plus difficile mais ne la réduit pas.

Il ne semble pas que l’opinion publique soit hostile aux migrations mais elle s’appuie sur des impressions intuitives de « bon sens » et soutient des politiques restrictives dont les intentions sont mortifères.

Il faut cesser de construire une identité en référence à la frontière mais à partir de ce que nous voulons être ensemble ; même si c’est difficile, il faut parvenir à construire une identité collective non à partir du passé mais à partir de ce que nous voulons faire ensemble. Cela revient à se demander non pas d’où nous venons collectivement mais où nous voulons aller ensemble et alors les étrangers ont toute leur place dans la collectivité nationale. Il faut souligner ce qui nous unit, alors qu’on a peut-être trop insisté sur la richesse de la diversité en omettant ce qui nous rassemble.


Questions / Réponses

Comment voyez-vous le rôle du chercheur dans le débat public ?

François Gemenne ne conçoit pas la recherche sans un engagement dans le débat public, le chercheur ne peut se contenter de publier dans des revues scientifiques en faisant abstraction de la réalité. Il conçoit ses travaux pour informer le débat public et faire que le débat s’appuie sur des faits empiriques non sur des considérations idéologiques.

Les décisions politiques qui devraient s’appuyer sur ce qui est juste en vue d’une meilleure vie sont motivées par la réaction attendue ou supposée de l’électorat. Les gouvernements sont tétanisés car ils craignent la manière dont l’extrême droite se saisirait de leurs décisions, c’est une forme de défaite.

Dans cette situation, le chercheur se doit d’être honnête mais pas neutre.

Que faire ensemble, au quotidien, pour briser le cercle vicieux de la peur ?

Il est vrai qu’une partie des gens ont peur. François Gemenne cite l’exemple en Belgique d’un propriétaire qui avait légué à la Croix-Rouge une ancienne maison de retraite pour y loger des réfugiés. Il a le souvenir d’une personne effrayée à l’idée d’en croiser un dans le parc de cette maison. Il lui avait été répondu, qu’ils échangeraient un bonjour en passant chacun leur chemin. Un an après, les craintes des habitants s’étaient dissipées. Il importe de davantage « visibiliser » les migrants, pas seulement ceux qui ont des qualités exceptionnelles, mais aussi ceux qui ressemblent à la moyenne des citoyens. Même s’ils sont souvent réticents, il faut les convaincre de prendre la parole dans le débat public.

Revenant sur l’évacuation violente de la place de la République le 23 novembre, s’il comprend la logique des ONG pour alerter les pouvoirs publics, François Gemenne remarque que cela a abouti à montrer des tentes, des ombres sans visage, sans existence réelle et ainsi 74 % des Français approuvent les démantèlements de camps. Une opération violente contre des gens qu’on ne voit pas, des gens dont on n’entend pas la voix a toutes chances d’être acceptée. Pouvoir entendre les témoignages des migrants à ce moment-là génère d’autres réactions. C’est pourquoi il faut multiplier les moments d’échange, mais François Gemenne n’a pas de pistes plus concrètes à proposer pour faire des choses ensemble.

Pourquoi crainte et sentiment de menace peuvent dominer face à une détresse extrême ?

François Gemenne reprend l’observation de Christina Alexopoulos de Girard, psychologue clinicienne, qui note un clivage en chacun de nous entre une empathie, une solidarité qui fait qu’on s’identifie à l’autre et un besoin de barrière entre soi et l’autre. Elle invite à une lutte à l’intérieur de soi pour faire le lien entre crainte et empathie.

François Gemenne insiste sur la prise en compte de l’inquiétude, la non-stigmatisation des personnes exprimant leur angoisse. Il ne faut pas dire aux gens qu’ils sont des monstres et sortir de la logique bien contre mal mais insister sur l’acceptation de la transformation structurelle de la société. Ce n’est pas de nous que dépendent les flux migratoires, à nous en revanche d’essayer d’organiser les choses au mieux.

Comment se préparer aux migrations climatiques ?

La première des choses est d’éviter d’en parler au futur en se disant que c’est une prochaine vague après la migration économique et celle des réfugiés, et qu’on s’y soustraira en diminuant nos émissions carbone. Le changement climatique est de facto la première cause de déplacement, soit en interne, soit vers les pays limitrophes. En 2019, on comptait 25 millions de personnes déplacées pour raisons climatiques. Ce n’est pas le futur, c’est la réalité présente ; les causes environnementales et politiques sont liées et vont s’influencer mutuellement.

Il semble que la justice administrative prend de plus en plus souvent des décisions ouvertement xénophobes là où des jugements humains seraient possibles. L’avez-vous constaté ?

Petit à petit, des digues sautent. Des décisions qui auraient semblé totalement inhumaines il y a encore quatre ou cinq ans passent désormais pour être normales. La norme d’inhumanité par rapport aux migrants a considérablement évolué.

Comment vos recherches sont-elles prises en compte par le personnel politique et les pouvoirs publics ?

Par une ignorance et un mépris qui forcent le respect ! Je travaille à la fois sur les questions climatiques et sur les migrations. Sur les premières, je suis écouté, je rencontre députés, ministres, membres de la Commission européenne. On accepte l’idée que les travaux de scientifiques puissent être pris en compte dans les décisions, comme c’est le cas pour les travaux du Giec par exemple. Sur les secondes, je n’ai jamais rencontré un seul ministre, ni un directeur d’agence de surveillance aux frontières, ni donné aucune conférence. Le poids des travaux scientifiques n’a aucune influence sur les décisions politiques. Le seul critère de décision est idéologique. On le voit avec la présence médiatique et l’audience accordée aux propos réactionnaires de Didier Leschi, directeur de l’OFII, dans son récent livre. Imagine-t-on considérer comme travail de chercheur un livre que le préfet Lallement écrirait sur les violences policières ! De même, la place donnée à Patrick Stefanini qui ose écrire « Immigration. Ces réalités qu’on nous cache ». Le discours sur les migrations est happé par ce haut fonctionnaire totalisant plus de quarante ans dans les cabinets ministériels, il utilise la réalité objective comme autojustification des manques des politiques qu’il a servies.

Faites-vous le même constat pour les autres pays européens ?

Pour la Belgique, le constat est identique. Tous les pays n’adoptent pas des politiques identiques,  même ceux qui prévoient des dispositifs plus humains le font pour des considérations idéologiques, non à partir des résultats de la recherche, mais certains décideurs ont plus de courage que d’autres. C’est mue par son sens de la justice que Angela Merkel a pu agir comme elle l’a fait en 2015.

Les politiques migratoires ont pour but d’empêcher les migrations. Quel cadre, quel horizon politique pourraient les organiser ? Est-ce que cela passe par la liberté de circulation et d’installation ?

Ce serait effectivement le moyen le plus pragmatique et le plus rationnel de répondre au défi des migrations contemporaines, mais ce serait rejeté sans être discuté. Il faut procéder par étape, en commençant par mettre un terme à la crise humanitaire, accueillir dignement et garantir des voies sûres d’accès au continent européen. Et répondre par une politique européenne, avec de réels mécanismes de solidarité.

Il y a de la peur chez les hommes politiques, c’est une vraie défaite de la démocratie. Beaucoup disent être à titre personnel favorables à l’ouverture des frontières, mais n’osent l’exprimer dans l’espace public. Ils se retiennent de mettre en avant ce qu’ils croient être juste par crainte des réactions de l’opinion publique et peur que cela mette en péril leur carrière politique…

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Bousculé dans ses activités habituelles par la pandémie, le Réseau Chrétien - Immigrés garde à coeur de maintenir un lien actif avec les personnes migrantes, aux côtés desquelles il est engagé, qui pâtissent très durement de la situation.
Dans cet esprit, le RCI met en oeuvre diverses formules permettant de poursuivre au mieux les actions menées, notamment par rapport à la permanence juridique, aux cours de français et aux Lundis "Grand Témoin" (les dîners du "goût de l'autre" se trouvent pour le moment suspendus - des modalités adaptées sont en cours d'élaboration).

Pour ce qui est de la permanence juridique, laisser un message au 01 42 45 65 07 On vous recontacte très vite, pour répondre à vos questions, suivre votre dossier et si nécessaire vous rencontrer sur RV à notre permanence 25 rue Fessart, Paris 9e.

Pour ce qui est des cours de français, une relocalisation se met en place dans l'ex-Mairie du 1er arrondissement, transformée en "halte humanitaire" (sous l'égide de l'Armée du Salut), 2 rue Perrault, M° Louvre-Rivoli - ceci, compte tenu de la fermeture définitive de la Mairie du 4e (port d'attache historique du RCI), restructurée dans le cadre du regroupement des 4 premiers arrondissement de "Paris Centre". Les cours sont prévus en principe les mercredis, jeudis, vendredis : à préciser... Pour le moment, ils ont lieu ponctuellement en salle paroissiale à St Merry, Paris 4e (tél 06 81 33 06 99 ou 07 82 37 86 18).

Pour des raisons de justice et de reconnaissance, les sans-papiers devraient bénéficier d'un droit au séjour
Le RCI a co-signé une lettre ouverte au Président de la République pour la régularisation des sans-papiers, et soutient les nombreuses actions en ce sens (Cimade, Marche des Solidarités...)
 

Une délégation du Réseau Chrétien - Immigrés a rencontré Mgr Benoist de Sinety, vicaire général de Paris (auteur d'"Il faut que des voix s'élèvent"), pour préparer avec le diocèse l'année qui s'ouvre.

Au vu des informations permanentes -relayées notamment par le Vicariat à la Solidait- le périmètre des actions a tendance a tendance ces derniers temps à s'élargir (aides d'urgence, hébergement...) Sur ces questions, v. en particulier Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. du RCI, d'Emmaüs Solidarité et du groupe diocésain de préfiguration de la Maison Bakhita

A noter que l'Assemblée Générale du RCI est intervenue en distanciel le samedi 19 septembre 2020. Une bonne occasion de faire un point d'ensemble de la situation si particulière qu'on connaît et de la meilleure façon d'affronter 2021. Cf. compte-rendu :