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L’évacuation violente de centaines de migrants, qui s’étaient installés place de la République à Paris et conduits jusqu’à la Porte d’Aubervilliers lundi 23 novembre, a choqué. Comment réagissez-vous à cet événement ?

Mgr Benoist de Sinety : Cette violence qui a explosé au cœur de Paris n’est jamais qu’une violence ordinaire qui existe ailleurs, y compris en France. Ce qui est sidérant et spectaculaire est de la voir au cœur de la capitale. Mais il ne faut pas s’imaginer que quand ce n’est pas à Paris ça n’existe pas. Cela a lieu de manière effroyable tous les jours à Calais et ailleurs.

Dire qu’il ne faut pas que ces miséreux restent dans la belle ville de Paris pour ne pas polluer le paysage, dans une véritable chasse aux migrants, c’est insupportable pour ceux à qui on fait subir cela, et aussi pour ceux à qui on demande de jouer ce rôle. Car dans les deux cas, on déshumanise les gens. On ne peut pas reprocher à des policiers leurs débordements quand on leur dit d’y aller « franco ».

Cet événement nous force à considérer que la question des migrants ne peut pas se régler par la violence, à coups de matraque. Car cela participe à une forme de déshumanisation des rapports sociaux. Les migrants ne peuvent pas être les boucs émissaires des incapacités de l’État à régler le problème.

N’y a-t-il pas une forme d’instrumentalisation de la part des associations qui ont poussé ces migrants à s’installer place de la République ?

B. de S. : Si les associations sont poussées à agir d’une manière que je ne trouve pas correcte, car on ne peut pas instrumentaliser les gens même pour de bonnes fins, c’est qu’elles ne trouvent pas d’autres solutions. C’est cette absence de solution qui pose problème.
L’État doit comprendre qu’il n’est pas omniscient et qu’il doit travailler avec toutes les composantes de la société. En dehors de cette urgence, si on veut réfléchir à la façon d’accompagner ces personnes, y compris de celles qui doivent rentrer chez elle, il faut comprendre que les policiers ne peuvent pas tout faire, du maintien de l’ordre au rôle d’assistants sociaux.

Pour que la loi soit respectée, il faut que les conditions nécessaires soient posées. Il y a d’un côté un travail à faire en amont avec les pays de provenance, sur la question du codéveloppement, de la dégradation des conditions sanitaires et écologiques qui poussent les gens à partir. Et un travail à faire ici, où les bonnes volontés ont du mal à travailler ensemble, car il n’y a pas au niveau de l’État de volonté qu’une synergie se mette en place. La question du logement ne peut pas simplement être réglée par décision préfectorale. Elle doit être coordonnée avec ce que les associations et Églises proposent.

Quelles sont les actions du diocèse de Paris en ce domaine ?

B. de S. : Nous sommes en train d’étudier comment ces personnes peuvent être accueillies dans des paroisses, des familles. Quelques centaines de migrants sont déjà accompagnés par l’Église à Paris. Mais il faut qu’on puisse être encouragés et soutenus par l’État, qu’un certain nombre de questions bureaucratiques soient simplifiées.

Le problème est que l’État n’a pas suffisamment de logements à proposer à ces personnes alors que la loi l’y oblige. Ainsi, ceux qui pourraient bénéficier de ces logements restent dans les centres de premier accueil, et empêchent ainsi les nouveaux arrivants d’accéder à ces centres. La France est le seul pays où ça se passe de manière si catastrophique.

La Croix 25.11.20