Réseau Chrétien - Immigrés

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L’esprit général de la législation se révèle d’ordre largement répressif, ce n'est pas nouveau, 49 lois depuis 1974 ! Notre pays devient une sorte de zone "noire" (comme toute l'Europe), où il convient avant tout d'empêcher d'entrer et d'exclure, au lieu d’être une terre d’implantation durable, source historique de notre richesse humaine.

Conrôler, enfermer, expulser

La loi dite "pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie", du 10 septembre 2018

Les principales mesures dégradent encore plus la condition des personnes migrantes :
- la réduction du délai (à 90 jours) pour déposer une demande d'asile
- l'allongement de la durée de rétention administrative (jusquà 90 jours), y compris pour les familles accompagnées d'enfants mineurs
- l'intervention du juge des libertés et de la détention seulement dans les 4 jours suivant le placement en rétention (pour faciliter les expulsions immédiates)
- l'absence de recours suspensif, notamment pour les personnes originaires de pays dit "sûrs"
- la banalisation des audiences par visio-conférence (piège de la dématérialisation)
- le fichage des mineurs isolés
- la possibilité pour les préfectures de passer outre les avis médicaux dans le cadre de la procédure de régularisaion pour raisons de santé.

Le texte, dans le prolongement -avec nouvelle aggravation- des politiques menées depuis des années, ne répond vraiment pas aux enjeux migratoires de notre époque !

A noter que la loi sur l’immigration, du 7 mars 2016, intitulée "droits des étrangers en France", avait (déjà) pour objectif implicite de renvoyer le maximum de personnes en situation irrégulière...

... par exemple, en sus des quelque 19 000 expulsés en 2019, les 96 000 demandeurs d’asile qui n'ont pas obtenu le statut de réfugiés (seuls quelque 37 000 ont fait l'objet d’une réponse positive, sur 133 000 demandes, soit environ 38 %) ? Malgré tous les grands discours, on sait que c’est impossible. Toutefois, les "reconduites à la frontière forcées" sont largement facilitées.

A l’inverse, un titre de séjour pluriannuel a été créé en 2016 (une bonne chose), au lieu de l’autorisation d’un an.

Mais ce titre est fragile et l’ensemble des associations réclament le rétablissement officiel de la carte de résident de 10 ans, seule façon de permettre une réelle intégration. Par ailleurs, une sorte d’“l’immigration choisie” est relancée, avec la création d’un “passeport talent” remplaçant les différents titres antérieurs : diplômés, travailleurs hautement qualifiés…

 

Ces textes interrogent la conscience humaine, ils ne tiennent pas compte de la situation véritable des migrants : la vie privée et familiale (droit fondamental) n'est en pratique guère reconnue et il estbien peu question d'un véritable droit au travail.


-> Des mesures politiques d’une tout autre urgence humanitaire sont absolument nécessaires : régularisation des « sans-papiers » qui traînent pendant des années des situations impossibles, facilitation de l’octroi des visas, réactivation du statut de réfugié  pour  les migrants des pays invivables, harmonisation et répartition au niveau de l'Europe...
 

Les Eglises, les organisations associatives, diverses instances morales se solidarisent pour dénoncer ces dispositifs bien discutables, face à des décideurs publics décidés à faire plus que jamais un "grand tri".