Déclaration du Président de la Commission des Episcopats de l’UE (COMECE)
rappelant le soutien de l’Eglise Catholique au Pacte mondial
pour des migrations sûres, ordonnées et régulières

(La Croix 11 déc 2018)

“L’immigré qui réside avec vous sera parmi vous comme un israélite de souche, et tu l’aimeras comme toi-même, car vous-mêmes avez été immigrés au pays d’Égypte. Je suis le Seigneur votre Dieu” (Lévitique 19,34).

Le pape François réaffirme que notre responsabilité commune, en tant qu’Église catholique en Europe, est d’accueillir, de protéger, de promouvoir et d’intégrer les migrants et les réfugiés dans nos sociétés. Ce ne sont pas de simples chiffres ou tendances, mais « avant  tout des personnes avec un visage, un nom, une histoire personnelle », qui méritent d’être traitées conformément à la dignité inhérente à leur personne et à leurs droits fondamentaux. À cet égard, les principes de la centralité de la personne humaine, de ses besoins réels et du bien commun doivent présider aux politiques internes et externes des États membres de l'UE, y compris en matière de migration.

Alors que le Pacte mondial des Nations Unies pour les migrations et les réfugiés  vient d’être adopté, nous encourageons également les autorités politiques nationales, pour reprendre les termes du pape François, « afin que la responsabilité de la gestion mondiale et partagée de la migration internationale trouve son point de force dans les valeurs de la justice, de la solidarité et de la compassion ».

Le 11 décembre, un pacte mondial des Nations Unies a été signé à Marrakech. Fruit d'une vaste négociation, il reconnaît la responsabilité partagée des autorités et des sociétés des pays de départ, de transit et d'arrivée pour encadrer et réglementer les migrations, dans l'intérêt de toutes les personnes et communautés concernées. Il vise à assurer la sécurité et la protection des personnes migrantes ainsi que des sociétés d’accueil en promouvant des voies de migration légales, empêchant ainsi le trafic d’êtres humains, les voyages meurtriers, les bouleversements familiaux et la violence.

Rappelant les exhortations du Saint-Siège sur ce sujet, la COMECE encourage les États membres de l'Union Européenne à faire de ce pacte mondial [non juridiquement contraignant] un accomplissement pour le bien commun d'une humanité partagée.

Jean-Claude Hollerich S.J.
Archevêque de Luxembourg

Président de la COMECE