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Les représentants d'une quinzaine d'États européens se sont réunis à Paris, le 22 juillet dernier, pour essayer de trouver un accord de répartition des migrants recueillis en Méditerranée, alors qu'ils tentent de rejoindre sa rive occidentale. Succédant à une précédente réunion tenue le 18 juillet à Helsinki, à l'invitation de la France, l'Allemagne et la Finlande, ce sommet s'est conclu par la décision dérisoire de convoquer une nouvelle rencontre à Malte le 23 septembre, après toutefois que quatorze États aient donné leur accord à ce processus. C'est dire qu'il n'a produit aucun résultat tangible en rapport avec l'urgence de la situation, dont Chrétiens de la Méditerranée s'est fait l'écho à plusieurs reprises[1].

Faut-il rappeler en effet qu'on évalue à 17 000 le nombre de disparus en Méditerranée depuis 2014 et 426 depuis le début de l'année[2]? Le processus diplomatique engagé ne correspond donc en rien à l'extrême urgence de la situation... Il est donc indispensable de se poser la question des secours autant que celle de la répartition des survivants.

Pendant que chacun retourne à ses affaires, des hommes, des femmes, des enfants vont donc continuer à périr en mer[3]. Quant aux survivants, certains seront remis aux garde-côtes Libyens et renvoyés dans des camps dont l'inhumanité est dénoncée depuis des mois, d'autres erreront pendant un temps indéfini sur les navires de secours en attendant une hasardeuse offre d'accueil.

Il ne s'agit donc pas pour le moment d'ouvrir l'immense chantier de l'immigration auquel l'Europe va se trouver confronter dans les décennies à venir[4]. Nul ne sous-estime la complexité des problèmes qu'il soulève, ce dont des démocraties responsables devraient se soucier en organisant un vaste travail de réflexion et de débat[5].

Il s'agit aujourd'hui de tout autre chose : il faut intervenir de toute urgence pour épargner la vie de centaines d'êtres humains qui, aux portes de l'Europe, à l'horizon des plages de nos cartes postales, vont se noyer dans les prochaines semaines ou, pour les plus chanceux, attendre que le patient jeu diplomatique décide du lieu incertain où ils pourront débarquer.

Cette urgence n'est pas nouvelle et nous savons comment les gouvernements y ont répondu jusque-là. Incapables de s'organiser dans le cadre européen ni de prendre à ce niveau les mesures efficaces et adéquates, les États ont conduit, peu ou prou, les mêmes politiques brutales de dissuasion, de renforcement des frontières, voire pour les plus extrêmes de pénalisation d'une partie de l'assistance en mer et finalement de fermeture des ports. Pour chacun un seul objectif : surtout pas chez moi !

Depuis dix ans, d'ailleurs, a-t-on vraiment pratiqué en France, une politique d'une inspiration radicalement différente, notamment en ce qui concerne les migrants rassemblés à Calais ?[6] [7].

À vrai dire, l'Europe a perdu son honneur en s'engageant ainsi dans ces politiques contraires à toutes les valeurs auxquelles elle prétend se référer. Imagine-t-on quel sens de l'humanité nous transmettons à nos enfants qui regardent les images de naufragés et à qui on expliquera cyniquement qu'il ne fallait pas leur porter secours, pour en dissuader d'autres, ce qui d'ailleurs est absolument vain ? Pourrons-nous sérieusement continuer désormais à nous gausser d'un Président américain qui veut élever un mur pour empêcher les migrants sud-américains d'entrer dans son pays ou fustiger l'atteinte aux droits de l'homme dont sont victimes les Hongkongais ou les Rohingyas ?[8]
Alors tout est-il sans espoir ?

Comme bien souvent lorsque les gouvernants sont défaillants, des hommes de bonne volonté se lèvent.
Aussi, en ces temps de résistance contre le cynisme et l'inhumanité, malgré les tracasseries administratives et judiciaires, les voies de fait et les calomnies dont elles sont l'objet, des ONG sont en première ligne et continuent à défendre en Méditerranée l'honneur d'être solidaire de nos frères en humanité qui ont tout perdu, c'est-à-dire notre honneur.

Alors que le Sea Watch est toujours retenu en Italie[9], voici le retour sur zone de SOS Méditerranée en partenariat avec MSF, doté d'un nouveau navire, Ocean Viking[10], afin de remplacer l'Aquarius privé de son pavillon, après avoir sauvé près de trente mille personnes depuis 2016[11].
Ne nous trompons pas, c'est aujourd'hui de l'initiative de ces ONG que viennent les seuls changements authentiques en Méditerranée centrale. Elles sauvent des centaines de naufragés en dépit des politiques gouvernementales, révélant ainsi l'inefficacité de celles-ci, leur absurdité, leur inhumanité et leur illégalité au regard du droit international de la mer.
Alors, aidons-les ! C'est indubitablement notre devoir de chrétiens et d'européens[12].
 

Bernard Ughetto
Vice-Président de Chrétiens de la Méditerranée
 

[1] Voir en particulier l'éditorial de Patrick Gérault du 3 juillet dernier, notre introduction au Carnet d'été en Méditerranée du 12 juillet ainsi que les articles consacrés à ce drame dans notre série " L'Europe et la Méditerranée ", Mars-Mai 2019.
[2] Au moment où nous allions mettre en ligne cet éditorial, l'information d'un nouveau drame nous est parvenue, " la pire tragédie en mer Méditerranée cette année " selon les Nations Unies : une embarcation transportant environ 250 migrants, dont des femmes et des enfants, a fait naufrage, le 25 juillet, à moins de 5 milles marins de la côte libyenne, c'est-à-dire dans les eaux territoriales libyennes. Les garde-côtes libyens auraient réussi à sauver 134 personnes, mais au moins 115 sont portées disparues.
Il est à peine besoin de préciser que cette information, qui souligne les terribles manquements des Européens à leurs responsabilités, ne fait que confirmer l'urgente nécessité d'une prise en charge internationale de ce drame.
Le Haut- Commissaire de l'ONU pour les réfugiés, M.Filippo Grandi a déclaré :
" La reprise des opérations de sauvetage en mer, la fin de la détention des réfugiés et des migrants en Libye, la multiplication des voies de sortie sûres hors de la Libye doivent intervenir maintenant, avant qu'il soit trop tard pour plus encore de gens désespérés. "
[3] Voir dans Le Monde, " Il y a une crise des morts en Méditerranée, et l'UE ne trouve aucun accord pour gérer les migrants ", 23/07/2019.
[4] Voir à ce propos la contribution de René Valette, " Analyse migratoire et enjeux de l'espace méditerranéen ", mis en ligne le 27 mars 2019 dans notre série " L'Europe et la Méditerranée "
[5] Voir à ce propos : " Pour un débat national sur les migrants ", entretien avec Véronique Fayet, Présidente du Secours Catholique, Études, juin 2018.
[6] Voir dans Le Monde, " À Calais, les gens deviennent fous : malgré la surveillance policière, les migrants rêvent toujours d'Angleterre ", 22/07/2019.
[7] Il a fallu que le Conseil constitutionnel intervienne, en se référant à la devise républicaine Liberté Egalité Fraternité, pour mettre une limite aux poursuites indignes engagées par les Parquets contre des personnes qui avaient porté assistance à des migrants démunis (Décision n° 2018-717/718 QPC du 6 juillet 2018). Le Conseil a notamment jugé à cette occasion : " Il découle du principe de fraternité la liberté d'aider autrui, dans un but humanitaire, sans considération de la régularité de son séjour sur le territoire national ", car il faut savoir que dans la France de cette époque, le fait de porter assistance à un étranger en situation irrégulière pouvait vous conduire devant le tribunal correctionnel.
[8] Selon Pierre Henry, délégué général de de France terre d'asile : "L'humanité est en train de quitter l'Union européenne".
[9] Voir l'éditorial de Patrick Gérault du 3 juillet.
[10] Ocean Viking doit se positionner, selon Sophie Beau directrice générale de l'association qui a exhorté les États européens à prendre leurs responsabilités, dans les eaux internationales au large de la Libye car, a-telle déclaré, " c'est la zone la plus mortelle du monde ".
[11] Voir la contribution de Francis Vallat, désormais Président d'honneur de SOS Méditerranée, à notre série " L'Europe et la Méditerranée " - " Un combat vital pour tous : réfugiés, Europe, nous-mêmes ", mis en ligne le 10 mai 2019.
[12] Chaque jour en mer coûte 14 000€.

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